Alcoolodépendance

Au-delà du nombre de verres consommés, l’alcoolodépendance est l’incapacité d’une personne à ne pas consommer d’alcool. La perte de liberté d’un individu par rapport à l’alcool, l’impossibilité de se passer de boire malgré les dommages subis du fait de cette alcoolisation. Une fois la dépendance installée, boire devient une nécessité, le désir de cesser de boire ne suffit pas. La volonté n’a que peu de prise.

La dépendance peut être d’ordre physique, c’est le cas si le fait de s’abstenir de boire un jour est à l’origine de malaises (tremblements le matin au réveil, anxiété, sudation, agitation, tachycardie, etc.) qui cessent dès que la personne s’alcoolise. Elle peut être simplement  d’ordre psychique si le fait de ne pas boire n’entraîne aucune manifestation physique. Il s’agit dans ce cas d’un désir impérieux de renouveler la prise d’alcool, d’une incapacité à maîtriser sa consommation, les verres s’enchaînant les uns après les autres, ou l’impossibilité de s’abstenir de consommer plus de quelques jours.

Lors d’un traitement classique (cure de sevrage plus accompagnement psychologique), la dépendance physique est relativement facile à régler. Un sevrage de quelques jours permet de s’en débarrasser ; il n’en est pas de même de la dépendance psychique qui perdure de longues années et conduit de façon majoritaire les malades à une rechute. Dès lors qu’elle devient dépendante, une personne a beau se raisonner, savoir que l’alcool est destructeur, se promettre ou promettre à ses proches tous les matins de ne pas céder à l’alcool, chaque jour le même scénario se reproduit, le désir monte et la personne finit par craquer.

On se dit de façon illusoire : « Aujourd’hui je me limiterai, un verre et j’arrête ! », mais les verres s’enchaînent toujours. On est parfaitement conscient de cela. On sait qu’une fois le premier verre bu, les autres s’enchaîneront, mais quelque chose de plus fort que l’intelligence nous pousse à prendre ce premier verre. La raison, la volonté, la honte, l’amour que l’on porte à sa famille, ses enfants et la culpabilité que l’on ressent à se comporter de cette façon n’ont que peu de prises.

Témoignage :

« Je suis un gars. Enfin, je suis surtout une loque. Qui n’a qu’une question en tête : où vais-je acheter mes bouteilles pour ce soir ?

J’écume et j’alterne, avec beaucoup d’organisation, les magasins (hyper/super/détaillants) de mon quartier pour ne pas être « déconsidéré ».

C’est un vrai plan de bataille. Quasiment tous les jours. Je ne pense qu’à ça. Dramatique, non? Où vais-je aller faire mes courses aujourd’hui?

Enfin, « courses »… je m’entends, je trouve toujours un truc qui manque à la maison pour justifier mes achats d’alcool. Sans parler du tri des poubelles, que je ne fais pas et pour cause. Trop de bouteilles par jour. Je mets tout dans le même sac. Mais du coup, je descends deux poubelles par jour. Et elles font gling gling, pleines de bouteilles. Heureusement cachées dans le sac. Et j’évite de faire bouger le sac quand je descends. Les trois quarts des sacs sont des bouteilles vides. J’ai un mal de crâne et les tripes qui partent en live. J’ai honte de moi. Car je fais tout en cachette de ma femme, de ma dernière fille qui est avec nous, des voisins. Je me dégoûte. »