Category : Documents

L’alcool incriminé dans la genèse des cancers du sein et colorectaux

In : Documents, Risques sur l'organisme, Posted by on Sep.09, 2011

Commentaires fermés sur L’alcool incriminé dans la genèse des cancers du sein et colorectaux

ALCOOL ACTUALITÉS  –  N° 33  –  JUIN 2007

Le rôle causal de l’alcool dans les cancers de la cavité buccale, du pharynx, du larynx, de l’oesophage et du foie est connu depuis de nombreuses années ; il avait été notamment souligné en 1988 par les travaux du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) (1).
La nouvelle évaluation du CIRC permet d’incriminer avec certitude la consommation d’alcool dans la survenue de deux autres types de cancers :
le cancer du sein et les cancers colorectaux.

En février dernier, 26 chercheurs de 15 pays se sont donc réunis au CIRC à Lyon pour analyser l’ensemble des données de la littérature scientifique relatives au rôle de la consommation d’alcool dans la survenue de cancers sur 27 localisations
anatomiques. Un résumé de ce travail est paru récemment ; les résultats complets seront prochainement disponibles(2,3).
L’existence d’une relation de cause à effet a été confirmée pour les cancers suivants : bouche, pharynx, larynx, oesophage et foie. Le risque de ces 4 premiers cancers est augmenté d’un facteur 2 à 3 en cas de consommation quotidienne d’environ 50 g d’alcool (ce qui correspond à 5 verres standard), par rapport au risque des non-buveurs. Ce type de quantification s’avère plus délicat pour le cancer du foie, dans la survenue duquel la cirrhose et d’autres maladies hépatiques interviennent aussi.

Alcool et cancer

 



L’addiction redefinie comme une maladie

In : Dépendance, Documents, Posted by on Août.08, 2011

Commentaires fermés sur L’addiction redefinie comme une maladie

Une nouvelle définition de l’addiction a été élaborée par The American Society of Addiction Medicine (ASAM) cette semaine, rapporte le Los Angeles Times. Elle résulte d’un travail intensif effectué pendant quatre ans par plus de 80 experts, précise l’International Business Time.

C’est la première fois que l’ASAM prend clairement position en ne considérant pas l’addiction comme «un simple problème comportemental impliquant des excès d’alcool, drogues, jeux ou sexe» mais comme «une maladie du cerveau survenant spontanément, non associée à quelconque facteur antérieur» (primary disease).

Les proches des «addicts» ont souvent tendance à penser qu’ils souffrent de problèmes comportementaux, liés à la/aux substance(s) dont ils sont dépendants. Mais l’ASAM affirme que cette idée est fausse:

« Ces comportements extérieurs sont le reflet d’une maladie profonde qui implique plusieurs aires du cerveau. »
L’addiction ne peut donc pas être définie comme l’acte de se jeter sur un paquet de chips, de boire une bouteille d’alcool en entier ou de tirer une longue bouffée de cigarette, raconte le Los Angeles Times. Ces actions seraient les conséquences de manques dans le cerveau: il ne s’agirait pas d’ «un problème social ou moral» mais bel et bien d’un problème médical.

L’addiction redefinie comme une maladie



Cas d’exposition au baclofène : données des centres antipoison et de toxicovigilance, 2003-2007

In : Baclofène, Documents, Posted by on Août.08, 2011

Commentaires fermés sur Cas d’exposition au baclofène : données des centres antipoison et de toxicovigilance, 2003-2007

Philippe Saviuc (CTV de Grenoble) – Août 2009

« Pour évaluer la tolérance de fortes doses orales de baclofène, dans la perspective de la mise en place d’un PHRC « baclofène et maintien du sevrage éthylique », l’Afssaps a sollicité les données des CAPTV.
L’interrogation des bases nationale et régionales (Bordeaux, Lille et Strasbourg) durant la période 2003 – 2007 a permis la sélection de 291 cas d’exposition au baclofène, seul agent en cause (95 cas)ou associé à au moins un autre agent (196 cas : un dépresseur au moins du système nerveux central>est présent dans 164 cas et un anti-épileptique au moins dans 93 cas).
L’analyse des circonstances de l’exposition a montré deux particularités : la proportion élevée desaccidents de la vie courante quand le baclofène était le seul agent en cause ; la proportion élevée deserreurs thérapeutiques, que baclofène soit seul ou associé : c’est le vraisemblable reflet des confusions et erreurs en liaison avec l’accroissement posologique particulier à ce type de spécialités, à l’initiation du traitement.
»

Cas d’exposition au baclofene



La prescription hors AMM

In : Baclofène, Documents, Posted by on Août.08, 2011

Commentaires fermés sur La prescription hors AMM

Odile Paoletti – Neurologies – Février 2003 – Vol. 6

«  Les médecins peuvent prescrire légalement des médicaments hors AMM, c’est-à-dire au-delà de leur indication reconnue dans l’AMM. Toutefois, il convient de le faire avec circonspection et dans des cas précis dans lesquels il existe un consensus médical et ce, afin de limiter les risques en cas de mise en cause de leur responsabilité.
Le médecin reste libre de ses prescriptions et peut donc, sous son entière responsabilité, prescrire hors AMM.
L’expert, qui normalement devrait être un médecin de même spécialité que le prescripteur, devra dire si le traitement prescrit était approprié à l’état du patient.
LA NON-PRESCRIPTION D’UN MÉDICAMENT HORS AMM, POUVANT BÉNÉFICIER AU PATIENT
Si, sous prétexte qu’un médicament n’a pas reçu l’AMM, vous ne le prescrivez pas à votre patient, alors qu’il aurait pu améliorer son état de santé ou le guérir, votre responsabilité pourrait également
être recherchée !
»

Tags :


L’addiction, une maladie cérébrale chronique à part entière

In : Dépendance, Documents, Posted by on Août.08, 2011

WASHINGTON (AP) — L’addiction est bel et bien une maladie chronique du cerveau, selon une nouvelle définition de la Société américaine de médecine de l’addiction (American Society for Addiction Medicine), destinée à aider proches et soignants à mieux comprendre les enjeux de son traitement.

Cela est vrai qu’il s’agisse d’alcool, de drogue, d’addiction au jeu ou de troubles du comportement alimentaire, précisent les auteurs de cette nouvelle formulation. Et comme pour les autres maladies chroniques, troubles cardiaques ou diabète, le traitement de l’addiction est une affaire de longue haleine.

Cette nouvelle définition a été saluée par les professionnels. Ainsi, estime le Dr Nora Volkow, directrice du National Institute On Drug Abuse (NIDA), elle pourrait inciter plus de médecins généralistes à dépister les signes de dépendance chez leurs patients.

Selon NIDA, 23 millions d’Américains auraient besoin d’être traités pour une addiction, mais seuls deux millions le seraient.

L’addiction est généralement décrite par ses symptômes comportementaux: la phase d’excitation, le manque, et les choses que les gens font pour obtenir la première et éviter le second.

La nouvelle définition ne contredit pas les recommandations standard fondées sur ces symptômes, mais vient spécifier que « le problème comportemental est le résultat d’un dysfonctionnement cérébral », explique le Dr Nora Volkow.

Selon elle, la rechute n’est qu’une complication normale d’une maladie chronique, ce que médecins et proches doivent prendre en compte.

« Vous avez des membres de la famille qui disent: ‘tu as été en cure de désintoxication, comment peux-tu te droguer à nouveau?’ La pathologie cérébrale persiste des années après que vous ayez arrêté de consommer une drogue ».

L’addiction, une maladie cérébrale chronique à part entière



Peut on prescrire hors AMM? Le point de vue du clinicien

In : Baclofène, Documents, Posted by on Août.08, 2011

Commentaires fermés sur Peut on prescrire hors AMM? Le point de vue du clinicien

P. Albaladejo, B. Caillet, Département d’Anesthésie-Réanimation de Bicêtre

« La prescription hors autorisation de mise sur le marché (AMM) est une préoccupation constante en médecine de ville puisque le non respect de l’AMM conduit à un non remboursement de l’assuré et devient une préoccupation croissante dans certaines spécialités soumises à une pression légale, telles la pédiatrie ou l’anesthésie-réanimation . Le nombre sans cesse croissant de publications dans la presse médicale française (et anglo-saxonne) reflète les interrogations que suscite le décalage existant entre les restrictions de l’AMM et les « données actuelles de la science ». Pour justifier la prescription en dehors du cadre de l’AMM, il faut répondre à 2 questions préalables :

1-Quels sont les principes médicaux et économiques qui régissent ou règlementent la prescription médicale ?

2-Une prescription hors AMM peut-elle être conforme aux données actuelles de la science ? »

Peut on prescrire hors AMM – Le point de vue du clinicien 



Complete and prolonges suppression of symptoms and consequences of alcohol-dependance using high-dose baclofene : a self-case report of a physician

In : Baclofène, Documents, Posted by on Août.08, 2011

Commentaires fermés sur Complete and prolonges suppression of symptoms and consequences of alcohol-dependance using high-dose baclofene : a self-case report of a physician

Olivier AMEISEN – Alcohol & Alcoholism Vol. 40, No. 2, pp. 147–150, 2005

« Aims : To test whether the dose-dependent motivation-suppressing effect of baclofen in animals could be transposed to humans, and suppress craving and sustain abstinence.
Methods: Neurologists safely use up to 300 mg/day (10 times the dosage currently used for alcohol dependence) of high-dose oral baclofen, to control spasticity, in order to avoid invasive therapy. I am a physician with alcohol dependence and comorbid anxiety. I self-prescribed high-dose baclofen, starting at 30 mg/day, with 20 mg increments every third day and an (optional) additional 20–40 mg/day for cravings.
Results: Cravings became easier to combat. After reaching the craving-suppression dose of 270 mg/day (3.6 mg/kg) after 5 weeks, I became and have remained free of alcohol dependence symptoms effortlessly for the ninth consecutive month. Anxiety is well controlled. Somnolence disappeared with a dosage reduction to 120 mg/day, now used for the eighth consecutive month. Conclusions: High-dose baclofen induced complete and prolonged suppression of symptoms and consequences of alcohol dependence, and relieved anxiety. This model, integrating cure and well-being, should be tested in randomized trials, under medical surveillance. It offers a new concept: medication-induced, dosedependent, complete and prolonged suppression of substance-dependence symptoms with alleviation of comorbid anxiety. »

But : Tester si l’effet dose dépendant de la suppression du désir de boire par le baclofène chez les animaux pouvait être transposé à l’homme, et ainsi réprimer le craving et maintenir l’abstinence.
Méthode : Les neurologues utilisent en toute sécurité jusqu’à 300 mg/jour (10 fois la dose actuellement utilisé pour la dépendance à l’alcool) de baclofène par voie orale, pour contrôler la spasticité, afin d’éviter un traitement invasif. Je suis un médecin avec une dépendance à l’alcool et de l’anxiété comorbide. Je me suis prescrit du baclofène à haute dose, en commençant par 30 mg / jour, avec des augmentations de 20 mg tous les trois jours et une dose supplémentaire (optionnelle) de 20-40 mg / jour pour les cravings.
Résultat : le craving est devenu plus facile à combattre. Après avoir atteint la dose de 270 mg / jour (3,6 mg / kg) après 5 semaines, je suis devenu et resté libre des symptômes de dépendance à l’alcool sans effort durant neufs mois consécutifs. L’anxiété est bien contrôlée. La somnolence a disparu avec une réduction de la posologie à 120 mg / jour, maintenant utilisé depuis huit mois.
Conclusion : le baclofène à haute dose induit une suppression complète et prolongée des symptômes et des conséquences de la dépendance alcoolique, et l’anxiété est soulagée. Ce modèle devrait être testé dans des essais randomisés, sous surveillance médicale. Il propose un nouveau concept: d’origine médicamenteuse, dose dépendent, la suppression complète et prolongée des symptômes de dépendance à l’alcool ainsi que la réduction de l’anxiété comorbide.

 Case Report Olivier Ameisen



Effectiveness and safety of baclofen for maintenance of alcohol abstinence in alcohol-dependent patients with liver cirrhosis: randomised, double-blind controlled study

In : Baclofène, Documents, Posted by on Août.08, 2011

Commentaires fermés sur Effectiveness and safety of baclofen for maintenance of alcohol abstinence in alcohol-dependent patients with liver cirrhosis: randomised, double-blind controlled study

Giovanni Addolorato, Lorenzo Leggio, Anna Ferrulli, Silvia Cardone, Luisa Vonghia, Antonio Mirijello, Ludovico Abenavoli, Cristina D’Angelo, Fabio Caputo, Antonella Zambon, Paul S Haber, Giovanni Gasbarrini – www.thelancet.com Vol 370 December 8, 2007

« Intervention to achieve alcohol abstinence represents the most effective treatment for alcohol-dependent patients with liver cirrhosis; however, anticraving drugs might worsen liver disease. We aimed to investigate the eff ectiveness and safety of baclofen in achieving and maintaining alcohol abstinence in patients with liver cirrhosis. »

« L’abstinence représente le traitement le plus efficace pour les patients alcoolo-dépendants souffrant de cirrhose du foie, mais les médicaments anticraving peuvent aggraver la maladie hépatique. Nous avons cherché à enquêter sur l’efficacité et la sécurité du baclofène dans le maintien de l’abstinence chez les patients atteints de cirrhose du foie. »

« Between October, 2003, and November, 2006, 148 alcohol-dependent patients with liver cirrhosis were referred to the Institute of Internal Medicine, Rome, Italy. 84 were randomly allocated either oral baclofen or placebo for 12 weeks. Primary outcome was proportion of patients achieving and maintaining alcohol abstinence. Measures of this outcome were total alcohol abstinence and cumulative abstinence duration, which were assessed at outpatient visits. Relapse was defi ned as alcohol intake of more than four drinks per day or overall consumption of 14 or more drinks per week over a period of at least 4 weeks. »

« Entre Octobre 2003 et Novembre, 2006, 148 patients alcoolo-dépendants souffrant de cirrhose du foie ont été renvoyées à l’Institute of Internal Medicine, Rome, Italie. 84 ont été répartis au hasard pour être traités soit avec du baclofène par voie orale ou un placebo pendant 12 semaines. L’objectif principal était de mesurer la proportion de patients capables d’atteindre et à maintenir l’abstinence. L’abstinence totale ainsi que la durée d’abstinence cumulée ont été mesurées, évalués lors des visites ambulatoires. La rechute a été définie comme la consommation d’alcool de plus de quatre verres par jour ou de la consommation globale de 14 verres ou plus par semaine sur une période d’au moins 4 semaines. »

« Of 42 patients allocated baclofen, 30 (71%) achieved and maintained abstinence compared with 12 (29%) of 42 assigned placebo. The number of dropouts (termination of treatment) did not differ between the baclofen (6/42 [14%]) and placebo (13/42 [31%]). Cumulative abstinence duration was about twofold higher in patients allocated baclofen than in those assigned placebo (mean 62·8 [SE 5·4] vs 30·8 [5·5] days; p=0·001). No hepatic side-effects were recorded. »

« Sur les 42 patients recevant du baclofène, 30 (71%) ont atteint et maintenu l’abstinence par rapport à 12 (29%) des 42 malades alcooliques recevant le placebo. Le nombre d’abandons (arrêt du traitement) a été de 6 / 42 soit [14%] pour ceux prenant du baclofène contre 13/42 soit [31%] pour ceux prenant le placebo. La durée d’abstinence cumulée était environ deux fois plus élevé chez les patients prenant du baclofène par rapport à ceux sous placebo. Aucun effet secondaire hépatique n’a été enregistré. »

« Baclofen is effective at promoting alcohol abstinence in alcohol-dependent patients with liver cirrhosis.
The drug is well tolerated and could have an important role in treatment of these individuals »

« Le baclofène est efficace au maintien de l’abstinence chez les patients alcoolo-dépendants souffrant de cirrhose du foie. Le médicament est bien toléré et pourrait avoir un rôle important dans le traitement de ces personnes. »

Effectiveness and safety of baclofen for maintenance of alcohol abstinence in alcohol-dependent patients with liver cirrhosis 



Baclofen suppresses motivation to consume alcohol in rats

In : Baclofène, Documents, Posted by on Août.08, 2011

Commentaires fermés sur Baclofen suppresses motivation to consume alcohol in rats

Giancarlo Colombo · Giovanni Vacca · alvatore Serra · Giuliana Brunetti · Mauro A. M. Carai · Gian Luigi Gessa – . Springer-Verlag 2003

« The results of the present study indicate that acute treatment with the prototype GABAB receptor agonist baclofen suppressed non-reinforced lever-pressing for alcohol, i.e., an index of motivation to consume alcohol, in selectively bred alcohol-preferring sP rats. All doses of baclofen tested (1, 2 and 3 mg/kg) markedly suppressed extinction responding for alcohol; further, as the dose of baclofen was augmented, an increasing number of rats even avoided making any press on the lever. »

« Les résultats de la présente étude indiquent que le traitement avec l’agoniste du GABA B, le baclofène, supprime l’envie d’appuyer sur le levier qui permet d’obtenir de l’alcool chez des rats sP sélectionnés comme aimant l’alcool. Toutes les doses de baclofène testé (1, 2 et 3 mg / kg) ont nettement supprimé la réponse pour l’alcool; en outre, dés que la dose de baclofène a augmenté, un nombre croissant de rats, a même évité de presser sur le levier. »

« Finally, the lack of any effect of baclofen on indices of rat motor activity, as revealed by the results of the open-field test, suggests that the observed suppression in leverpressing was indeed secondary to a reduction in the appetitive strength of alcohol (and, to a lesser extent, that of sucrose) and not to non-specific factors such as sedation or motor impairment. »

« Enfin, l’absence de tout effet du baclofène sur les indices de l’activité motrice chez le rat, comme le révèlent les résultats de l’essai, suggère que la diminution observée sur la pression du levier est bien due à une diminution de la l’intérêt pour l’alcool (et, dans une moindre mesure, celui du saccharose) et non à des facteurs non spécifiques tels que la fatigue ou une déficience motrice. »

« In agreement with this hypothesis, a recent double-blind placebo-controlled study found that the suppressing effect of baclofen on alcohol consumption in human alcoholics was accompanied by a significant reduction in the obsessional and compulsive components of alcohol craving (Addolorato et al. 2002). Further, suppression of thinking about and interest for alcohol was observed in alcoholics under treatment with baclofen (Addolorato et al. 2000). »

« En accord avec cette hypothèse, une récente étude en double aveugle contrôlée par placebo a montré que l’effet du baclofène sur la suppression de la consommation d’alcool chez les alcooliques a été accompagnée par une réduction significative du craving (Addolorato et al. 2002) . En outre, il a été observé une suppression de l’intérêt pour l’alcool chez des alcooliques sous traitement par le baclofène (Addolorato et al. 2000). »

Baclofen suppresses motivation to consume alcohol in rats



Co-dépendance et désignation

In : Déni et co-dépendance, Documents, Posted by on Août.08, 2011

Commentaires fermés sur Co-dépendance et désignation

Docteur Michel JACQ – Elément de référence/communication présenté lors de la journée organisée à l’attention des médecins du travail, le jeudi 11 juin 2009

« a) Celui (ou celle) qui nous gâche la vie :
C’est ainsi souvent qu’est désigné le malade alcoolique. A la fois coupable de ne pas savoir boire comme les autres et coupable de ne pas vouloir reconnaître quand il s’alcoolise plus que de raison, le perturbateur est avant tout celui qui fait souffrir les autres. Cette désignation est en premier lieu formulée par le conjoint. S’il est le mieux placé pour désigner, il met cependant rarement sa souffrance comme élément à charge dans son dossier d’accusation, préférant souvent s’indigner de celle subie par ses enfants.

b) Celui (ou celle) que l’on aime sinon on ne serait plus là !
Il s’agit bien là d’un paradoxe, plus la souffrance est grande, plus elle témoigne de l’amour porté au malade. En même temps, on retrouve là le raisonnement de l’abandonnique qui met l’autre à l’épreuve pour faire la preuve… qu’on l’aime toujours. Hélas la répétition des épreuves finit par ne plus laisser de place à la dynamique du couple, elle s’y substitue.

c) Celui (ou celle) qui nous fait honte…
Assez souvent, le malade alcoolique par ses troubles du comportement, attire l’attention du voisinage ; la famille n’a plus alors comme solution que de cacher, de le cacher quand il a bu et progressivement de se cacher en temps que famille. Le cercle des amis se restreint, cette dissimulation s’accompagne d’une honte de ce qu’ils sont.
La famille d’un alcoolique devient insidieusement une famille d’alcooliques. Le malade est ainsi désigné avec d’autant plus de violence que parler de cette honte c’est rompre avec ce processus ancien dont l’une des règles principales était le maintien du secret, comme ciment de la famille nucléaire..

d) Celui (ou celle) que nous portons (ensemble) à bout de bras
En fait, le malade, par le dysfonctionnement familial qu’il induit, organise le rythme de vie dans une alternance de périodes de crises et de réparation. Au fur et à mesure que les crises se rapprochent, les moments de réparation disparaissent, le malade n’est plus perçu que comme l’objet de sa maladie. La dimension de sa souffrance peut lui être déniée. Il n’est alors plus qu’un fardeau qu’il faut porter, et cette tâche unit ses proches, renforce le lien d’affiliation, avec un sens de la loyauté qui empêche chacun de lâcher prise sauf à porter la culpabilité d’avoir augmenté le poids à porter pour ceux qui restent !

e) Le trouble fête
Sans lui (ou sans elle) la vie serait une fête. A ce stade, le malade et l’alcool ne font plus qu’un dans la représentation de ses proches. Il est celui qui apporte le trouble, la violence parfois, la colère presque toujours. Le malade est irritable, son entourage aussi. A la diffluence des affects et des jugements du malade, répond le souhait de protéger et de se protéger mais aussi de lui faire payer cet insupportable vécu, né de l’impuissance à mettre fin à ses alcoolisations.
La violence morale n’est supportable que parce qu’elle entretient l’illusion que si la famille peut gérer cela, c’est parce qu’aucun autre problème ne peut séparer ses membres. La maladie alcoolique ne laisse pas de place à l’émergence d’une autre difficulté. Cette souffrance les unit, tend à parentaliser les enfants, atténuant aussi les conflits de génération. Le malade joue alors son rôle, canalisant vers lui l’ensemble des reproches et des tensions. On pourrait voir ici l’idée qu’il y a la derrière la souffrance »

Co-dépendance et désignation