L’abstinence et l’indifférence

In : Informations, Posted by on Août.08, 2011

L’alcoolisme est considéré comme une maladie chronique, définie par une dépendance définitive et incurable à l’alcool. La dépendance est caractérisée par une perte du contrôle de la consommation ainsi qu’un besoin obsédant d’alcool.

Elle n’a longtemps eu qu’une réponse, l’abstinence volontaire, absolue et définitive. La notion d’abstinence comme seule solution possible a été introduite par des malades alcooliques américains qui en 1935 créent le mouvement des Alcooliques Anonymes. L’idée était somme toute assez simple et logique,  puisqu’il est souvent très difficile, voire impossible de limiter sa consommation d’alcool ; autant ne pas y toucher du tout.

Cette idée a été reprise par les médecins, l’abstinence est devenue l’objectif à atteindre et a été érigée en dogme. Dans ce cadre, le traitement de l’alcoolisme commence par la cure de sevrage, c’est-à-dire l’arrêt total et immédiat de la consommation d’alcool en ambulatoire, à l’hôpital ou en centre de soins spécialisés durant environ trois semaines. Il y a ensuite mise en place d’un traitement médicamenteux (naltrexone ou acamprosate) afin de réduire l’envie de boire, d’un accompagnement psychologique dont le but est de permettre au malade de trouver des parades pour résister à l’appel de l’alcool et une incitation à fréquenter les groupes d’entraide tels Alcooliques Anonymes (AA) ou Vie Libre. En complément, une post-cure de plusieurs mois peut être proposée.

La naltrexone, n’a pas pourtant pas d’efficacité à long terme comme le montre Chick J. dans son article de 2002 : Naltrexone for 3 or 12 months in addition to psychosocial counselling did not reduce drinking in alcohol dependence.

« In patients with alcohol dependence and a recent history of drinking to intoxication, treatment with
naltrexone for 3 or 12 months in addition to standardised psychosocial treatment was no more effective than placebo for reducing alcohol consumption. »

« Chez les patients dépendants à l’alcool ayant des problèmes non résolus avec l’alcool, le traitement associant la naltrexone durant 3 ou 12 mois en plus d’un traitement psychologique normalisé n’a pas été pas plus efficace qu’un placebo pour réduire la consommation d’alcool. »

L’acamprosate non plus « Le nihilisme thérapeutique s’applique tout aussi bien à l’acamprosate » dit Stahl, le pape actuel de la psychopharmacologie.
Stahl SM (2008) Stahl’s essential psychopharmacology. Cambridge University Press, New York

L’abstinence n’est pas une solution en soi puisqu’elle ne permet pas au malade de guérir, elle représente une façon très souvent compliquée et ressentie comme douloureuse pour le malade de contourner le problème. Le patient doit fournir au quotidien des efforts importants et constants. Avec en prime une forte culpabilisation pour tous ceux qui ne parviennent pas à tenir. Ainsi qu’un sentiment de malaise de devoir refuser les verres d’alcool et par là même d’avouer son alcoolisme.

Dans ce cadre, 80% des malades alcooliques refusent de se soigner. La première consultation intervenant en moyenne dix ans après les premiers symptômes de la dépendance (source : www.alcoweb.com), en grande partie à cause de l’abstinence que les malades redoutent ou estiment impossible, tant l’alcool fait partie de la société française.

Il est très difficile d’obtenir un chiffre concernant la réussite de l’abstinence. L’Inserm estime qu’un tiers des patients reste abstinent à un an et 10 % à 20 % au bout de quatre ans. À moyen terme, 15 % des malades acceptant de se soigner arrivent donc à rester à l’écart de l’alcool. Soit 2 % à 4 % des alcooliques, un chiffre dérisoire. Ceux qui arrivent à tenir se savent fragiles et comptent les jours sans boisson, il y a peu de franche réussite, peu d’abstinents heureux.

Marie

« Je fais partie d’une association qui est contre le baclofène, mais moi je suis pour à 100%.
C’est pourquoi j’arrive à promouvoir ce merveilleux baclofène lors des réunions où je profite de la pause cigarettte pour en parler aux malades, je leur distribue de la doc et si cela les intéresse ils prennent contact avec moi.
Si je fais cela c’est pour leurs éviter le calvaire que j’ai vécu il y a 12 ans et qui pendant 6 mois m’a fait mener une lutte sans merci avec l’alcool dans la souffrance et le désespoir.
Les médecins m’avaient donné 6 mois à vivre si je continuais et entre la vie et la mort j’ai choisi la vie.
J’ai arrêté du jour au lendemain aidée par un homme formidable qui était dans une association, par un médecin alcoologue, une femme avec qui ça a collé de suite et l’aide de mon psy.
Les premiers 6 mois ce fut l’enfer, l’alcool m’appelait jour et nuit, je ne sais pas comment j’ai trouvé la force de résister, c’était inhumain mais j’ai tenu, ensuite les pulsions se sont espacées et au bout de 2 ans je pouvais affronter l’alcool sans problème.
Actuellement j’aide et je soutiens 5 malades dont 4 sont sous baclofène.
Récemment un de mes amis a rechuté après 7 ans d’abstinence totale, au bout de 3 semaines de réalcoolisation très forte, il a téléphoné à son psy qui l’a pris en urgence, il est parti immédiatement en sevrage dans un centre de poscure et là miracle on lui a donné du baclofène, le résultat fut quasiment immédiat et depuis un mois tout a bien pour lui, quel dommage pour moi de ne pas avoir pu en profiter, cela m’aurait évité bien des souffrances. »

Indifférence ou suppression de la dépendance

Fin 2008 est paru le livre d’Olivier Ameisen : Le Dernier Verre. Bachelier à 16 ans, pianiste exceptionnel, brillant cardiologue, il commence à boire vers 30 ans, en réponse à une angoisse paralysante. L’alcool est le médicament qu’il choisit pour soigner son mal.

Pris au piège de l’alcool, il essaie tous les traitements disponibles, fréquente assidûment les Alcooliques Anonymes, multiplie les psychothérapies en vain, fait maintes cures de sevrage et rechute à chaque sortie. En milieu protégé, tout va bien, dès qu’il retrouve la vraie vie, c’est la catastrophe. Mais Olivier est médecin et raisonne comme tel ; il est persuadé que le problème est son anxiété, qu’elle a une base neurobiologique et qu’un médicament peut la soigner. Il ne veut pas mourir avant que quelqu’un ne découvre le remède.

Une amie lui envoie un jour un article sur le baclofène. Cet article relate l’histoire d’un cocaïnomane dont la prise de baclofène pour soulager ses spasmes musculaires, diminue sensiblement son envie de cocaïne. Olivier s’intéresse au baclofène qui est un myorelaxant parce que son anxiété s’accompagne de tensions musculaires sévères qu’aucun médicament ne parvient à soigner. Il pense que les deux choses sont liées. Il se connecte alors à Internet, tape « baclofène panique » puis « baclofène anxiété » et enfin « baclofène alcool » dans Google et découvre les premiers articles scientifiques concernant ce médicament. De part sa formation médicale, il sait les évaluer et les trouve prometteurs.

Il augmente peu à peu la dose jusqu’à 180 mg/j. Son anxiété diminue fortement, son craving aussi mais de façon insuffisante. Entre deux cuites il poursuit ses recherches sur le baclofène, passe des heures sur le site de PubMed qui référence les articles de toutes les revues médicales et s’intéresse aux articles concernant les animaux. Tous les articles disent la même chose, que ce soit pour la cocaïne, l’héroïne ou l’alcool, le baclofène supprime l’envie de consommer chez les rats de façon dose dépendante : à faible dose le baclofène réduit le craving, à forte dose il le supprime. La dose suppressive est pour les rats comprise entre 3 mg/kg et 4 mg/kg selon les drogues dont ils sont dépendants.

Il recommence alors le traitement en se fixant un maximum de 300 mg/j. Son protocole est très strict et rapide, 20 mg de plus tous les 3 jours. Le 14 février 2004, 37 jours après le début de son traitement, il atteint la dose de 270 mg/j et découvre ce qu’il appelle l’indifférence.

« On nous a apporté le thé, Rebecca observait les gens et moi je lisais les journaux. Au bout de cinq ou dix minutes, j’ai levé les yeux et laissé mon regard errer dans la salle. À une table voisine, un homme buvait une boisson ambrée (whisky ou cognac sans doute), et cela ne m’a rien fait.

Et voilà, je gardais les yeux sur un verre et restais de marbre. C’était devenu un simple objet. Ce soir-là, pour la première fois depuis que j’étais devenu alcoolique, je n’ai pas eu envie de boire.»

Olivier Ameisen est le premier à avoir connu et rapporté l’indifférence. Après avoir lu son livre avec espoir, d’autres malades ont voulu suivre son chemin et découvert ce qu’était l’indifférence.   En prenant du baclofène, ils ont vécu à leur tour la fin de leur dépendance et constaté la suppression de leur maladie.

Catherine

« Je crois que l’indifférence est la notion la plus difficile à intégrer lorsque l’on est malade. Avant d’être guérie, malgré les témoignages, j’avais du mal à croire que la vue de l’alcool ne me ferait ni chaud ni froid. Je savais que ça existait mais je ne voyais pas à quoi ça pouvait ressembler.

Aujourd’hui, je peux dire qu’il n’y a rien de plus génial que cette sensation. CAR CETTE SENSATION N’EXISTE PAS! JE ME FOUS DE L’ALCOOL, JE NE PENSE PLUS A L’ALCOOL! COMMENT PEUT-ON AVOIR DES SENSATIONS PAR RAPPORT A UNE CHOSE A LAQUELLE ON NE PENSE PAS? »

Cécile

« Quelle que soit la situation de stress, d’angoisse, je n’ai plus la réaction de boire pour aller mieux.
Je ne réponds plus à mes pulsions parce qu’elles n’existent plus.
Je ne repousse pas la tentation parce qu’elle n’existe pas.
L’indifférence n’entraîne pas l’abstinence même si elle la favorise, ma guérison a été obtenue sans douleur car autrement je ne pouvais, ne voulais pas me soigner … »
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