la dépendance à l’alcool

In : Informations, Posted by on Août.08, 2011

En France, on estime que cinq millions de personnes ont un problème avec l’alcool, c’est-à-dire qu’elles ont régulièrement une consommation excessive de boissons alcoolisées ; parmi elles deux millions sont alcoolodépendantes. La frontière entre les deux groupes n’est pas très claire ni facile à établir.

Un document édité par l’Institut de recherche et documentation en économie de la santé en 2008, nous donne un aperçu des populations à risque en France :

Ces résultats sont issus d’une étude en population générale qui distingue pour la première fois en France les modes de consommation d’alcool à risque, la consommation modérée et la non-consommation.
Les consommateurs excessifs d’alcool sont en général insuffisamment diagnostiqués.

« En France, le risque d’alcoolisation excessive, ponctuel ou chronique, concerne surtout les hommes : plus de quatre hommes sur dix et plus d’une femme sur dix. Entre 25 et 64 ans, il touche un homme sur deux.
Ces comportements sont moins fréquents chez les personnes vivant au sein d’une famille, sauf lorsque l’un des membres présente un usage à risque.
Les liens entre le risque d’alcoolisation excessive et les catégories socioéconomiques sont contrastés. Chez les femmes, le risque n’est patent que pour les cadres alors que chez les hommes, il touche aussi bien les ouvriers que les cadres, mais moins fréquemment les employés. Le risque est plus souvent chronique que ponctuel chez les personnes ayant connu des épisodes de précarité au cours de leur vie, chez les hommes exerçant une profession intermédiaire, chez les artisans, commerçants ou chefs d’entreprise, ainsi que chez les hommes ayant des revenus faibles. La non-consommation, quant à elle, se concentre dans les catégories les moins aisées. »

La plupart des malades ayant un problème avec l’alcool hésitent en effet à consulter un médecin et tendent à minimiser auprès des autres et d’eux mêmes les quantités qu’ils consomment.

La peur d’être étiqueté comme un « alcoolique », avec toute la connotation péjorative que cela implique, freine très souvent le buveur excessif à parler de ses problèmes d’alcool.
De plus bien souvent son entourage, son médecin parfois, minimise également le problème tant cette maladie que tout le monde s’accorde à reconnaitre terriblement difficile à soigner, fait peur.

Pourtant l’alcoolisme est un maladie, pas un vice et la volonté n’a pas beaucoup de prises sur elle.

Alcoolodépendance

Au-delà du nombre de verres consommés, l’alcoolodépendance est l’incapacité d’une personne à ne pas consommer d’alcool. La perte de liberté d’un individu par rapport à l’alcool, l’impossibilité de se passer de boire malgré les dommages subis du fait de cette alcoolisation. Une fois la dépendance installée, boire devient une nécessité, le désir de cesser de boire ne suffit pas. La volonté n’a que peu de prise.

La dépendance peut être d’ordre physique, c’est le cas si le fait de s’abstenir de boire un jour est à l’origine de malaises (tremblements le matin au réveil, anxiété, sudation, agitation, tachycardie, etc.) qui cessent dès que la personne s’alcoolise.

Elle peut être simplement  d’ordre psychique si le fait de ne pas boire n’entraîne aucune manifestation physique. Il s’agit dans ce cas d’un désir impérieux de renouveler la prise d’alcool, d’une incapacité à maîtriser sa consommation, les verres s’enchaînant les uns après les autres, ou l’impossibilité de s’abstenir de consommer plus de quelques jours.

Lors d’un traitement classique (cure de sevrage plus accompagnement psychologique), la dépendance physique est relativement facile à régler. Un sevrage de quelques jours permet de s’en débarrasser ; il n’en est pas de même de la dépendance psychique qui perdure de longues années et conduit de façon majoritaire les malades à une rechute. Dès lors qu’elle devient dépendante, une personne a beau se raisonner, savoir que l’alcool est destructeur, se promettre ou promettre à ses proches tous les matins de ne pas céder à l’alcool, chaque jour le même scénario se reproduit, le désir monte et la personne finit par craquer.

On se dit de façon illusoire : « Aujourd’hui je me limiterai, un verre et j’arrête ! », mais les verres s’enchaînent toujours. On est parfaitement conscient de cela. On sait qu’une fois le premier verre bu, les autres s’enchaîneront, mais quelque chose de plus fort que l’intelligence nous pousse à prendre ce premier verre. La raison, la volonté, la honte, l’amour que l’on porte à sa famille, ses enfants et la culpabilité que l’on ressent à se comporter de cette façon n’ont que peu de prises.

Voici les critères de dépendance selon la classification DSM-IV

Le DSM-IV présente l’addiction comme un mode d’utilisation inapproprié d’un produit entraînant des signes physiques et psychiques. Elle se manifeste par l’apparition d’au moins trois des signes ci-après sur une période d’un an.

une tolérance (ou accoutumance) qui se traduit soit par une augmentation des doses pour un effet similaire, soit par un effet nettement diminué si les doses sont maintenues à leur état initial.
– un syndrome de sevrage en cas d’arrêt ou une prise du produit pour éviter un syndrome de sevrage.
– une incapacité à gérer sa propre consommation, l’usager consomme plus longtemps ou plus qu’il ne le voulait.
– des efforts infructueux pour contrôler la consommation.
– un temps de plus en plus important est consacré à la recherche du produit.
– les activités sociales, culturelles ou de loisir sont abandonnées en raison de l’importance que prend le produit dans la vie quotidienne.
– une poursuite de la consommation malgré la conscience des problèmes qu’elle engendre.

Tolérance et sevrage constituent la dépendance physique, et ne recouvrent que deux critères sur 7. Il est donc possible d’être dépendant au sens du DSM sans avoir développé de tolérance physique.
Pour savoir où vous en êtes avec le problème d’alcool, un test est disponible ici

De manière claire, l’alcool peut donner lieu, sil est consommé avec excès et longtemps, à une accoutumance, à une augmentation de la tolérance, à une forte dépendance psychologique et, dans bien des cas, à une dépendance physique. Et cela, dune manière d’autant plus insidieuse que tous ne sont pas égaux devant l’alcool. « La capacité, pour une substance dite psycho-active, d’induire des symptômes de sevrage (delirium tremens, épilepsie et autres …), d’être neurotoxique et de susciter un besoin intense de consommer à nouveau, définit sa nature de drogue. L’alcool répond évidemment à ce critère » (Dr Jean ADES).
L’alcool, une drogue dure dont l’usage est cependant licite.

L’alcoolisme est une maladie chronique à évolution progressive se présentant par des symptômes tels qu’une envie irrésistible de boire malgré des conséquences fâcheuses sur la vie sociale, affective, professionnelle ou sur la santé. Comme beaucoup d’autres maladies, son évolution est souvent prévisible avec des complications bien décrites.

l’alcoolisme se transmet souvent de génération en génération. Cela s’explique, en partie, par une transmission génétique. Il ne faut pour autant pas confondre risque et fatalité. Si le risque de développer des problèmes d’alcool est trois fois plus important pour un enfant dont l’un des parents est alcoolo-dépendant, seule une partie d’entre eux deviennent alcooliques. A l’inverse, une personne sans aucun antécédent d’alcoolisme familial peut devenir alcoolo-dépendante.

Il semblerait également que les personnes très sensibles à l’alcool, celles qui ne tiennent pas l’alcool, soient mieux protégées contre la maladie alcoolique.

L’entourage et l’environnement d’une personne, son exposition au stress et la disponibilité de l’alcool sont des facteurs qui influent également la consommation d’alcool et le développement de l’alcoolisme. A l’inverse d’autres facteurs liés à la personnalité et à l’entourage familial peuvent avoir un effet protecteur, même pour quelqu’un présentant un haut risque de développer des problèmes d’alcool.

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