Le déni : un symptôme de l’alcoolisme

In : Déni et co-dépendance, Documents, Posted by on août.08, 2011

Dr François Charon, Dr Gérald Van Woensel – Revue de la Médecine Générale N° 170 février 2000

« Le patient alcoolique minimise ou nie l’existence d’une consommation d’alcool excessive à son médecin. Cette caractéristique clinique s’explique par le déni qui est une construction partiellement inconsciente qui vise à gérer l’angoisse générée par la prise de conscience d’un problème difficilement acceptable, par la perspective d’un sevrage et par le changement radical de mode de vie qu’implique l’abstinence totale.
Le médecin, dont le rôle est de motiver le patient à se soigner, peut aider le patient par la prise en compte et la gestion du déni. Quelques exemples de stratégies utilisables en pratique générale sont reprises dans cet article.

Le patient alcoolique se présente très rarement à la consultation du médecin traitant avec une demande de sevrage bien formulée et motivée (« je n’ai pas de problèmes d’alcool…»). Le chemin à parcourir avant une telle demande peut parfois être très long. Les demandes de consultation des patients alcooliques sont souvent d’ordre somatique, psychologique ou familial.
Il revient au médecin de dépister l’alcoolisme et d’en envisager le traitement. Ce projet de traitement ne rencontrera que très rarement l’attente du patient qui ne reconnaîtra souvent pas une étiologie alcoolique à ses maux. Le patient qui va désirer un traitement symptomatique de ses plaintes, paraîtra hermétique à l’abord du problème d’alcool en lui-même.
De façon tout aussi déroutante, le médecin est sollicité par des demandes pressantes émanant  de l’entourage (exaspéré ou en souffrance) (« ne lui dites pas que je vous ai téléphoné mais…»), difficilement utilisables pour le traitement.
Le paradoxe résultant de l’absence de demande du patient face à une évidente pathologie en est renforcé. »

Le déni : un symptôme de l’alcoolisme 

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