Les risques de l’alcool sur l’organisme

In : Informations, Posted by on août.08, 2011

L’abus d’alcool constitue un facteur de risque très important sur le plan sanitaire, social et économique, même si une consommation d’alcool modérée peut représenter un facteur protecteur sur le plan cardiovasculaire. Deux verres de vin rouge par jour semble en effet protéger le coeur.

La consommation abusive d’alcool est la troisième cause de décès, après les cancers et les maladies cardio-vasculaires. Elle est responsable, directement ou indirectement, d’environ 45 000 décès par an : cirrhoses, encéphalopathies, cancers des voies aérodigestives supérieures, surtout lorsque l’alcool et tabac sont associés.
C’est un facteur aggravant et un facteur qui cause directement environ un quart de l’ensemble des maladies.

L’alcool est en effet impliqué dans une cinquantaine de pathologies. Il n’y a que peu d’organes qui ne soient pas touchés par la consommation excessive d’alcool, le cerveau et le système nerveux en premier.
L’OMS a identifié la consommation d’alcool comme l’un des 10 premiers facteurs de risque dans le fardeau mondial de la maladie et une étude récente suggère que un décès sur dix en Europe est imputable à l’abus d’alcool.

Une alcoolisation chronique avec une consommation excessive et régulière (quatre verres ou plus par jour) peut graduellement provoquer des lésions hépatiques, des hépatites, une cirrhose hépatique, de nombreux cancers , des ulcères, des troubles pancréatiques, des gastrites, le diabète, l’obésité ou au contraire de la dénutrition, des carences, de la déshydratation, des dérèglements hormonaux, une impuissance, des lésions ou des atrophies cérébrales, des encéphalopathies, des polynévrites, de l’épilepsie, des cardiopathies, de l’hypertension, des accidents vasculaires cérébraux hémorragiques, une mort subite.

La consommation abusive d’alcool est également  responsable de nombreux accidents de la route (4 000 morts par an, dont des jeunes en nombre important), d’accidents domestiques, d’accidents du travail, de suicides dont 40 % sont favorisés par la consommation d’alcool au moment du geste.

L’alcoolémie, est le taux d’alcool présent dans l’organisme. Elle s’exprime en gramme d’alcool par litre de sang. Un taux de 0,5 signifie une présence de 0,5 g d’alcool par litre de sang.
Le foie est l’organe principal chargé de l’élimination de l’alcool en le transformant pour plus de 90 %. Le reste est évacué par les poumons (dans l’haleine), les reins (par l’urine) et la peau (par la sueur).
Il faut savoir que la capacité du foie à éliminer l’alcool est limitée à 2,4 g/l de sang par jour en moyenne. Au-delà de 3 g/l, il peut y avoir coma et, au-delà de 5 g/l, il y a risque mortel. Chaque verre fait monter l’alcoolémie de 0,15 à 0,20 g/l.

Dans tous les cas, rien ne peut accélérer le travail d’élimination du foie : ni l’exercice physique, le froid ou la chaleur, ni même l’absorption d’aliments ou de médicaments.
Seul le temps permet de faire baisser l’alcoolémie. Un individu en bonne santé élimine en moyenne 0,15 g d’alcool par heure. Si un verre s’avale en quelques secondes, il faut 90 minutes pour l’éliminer !
De plus, consommé à jeun, l’alcool se diffuse plus rapidement dans l’organisme que lorsqu’il est pris au cours d’un repas et manifeste donc ses effets plus vite.

A court terme, la consommation d’alcool peut exposer à des risques majeurs :

- une diminution de la vigilance responsable d’accidents de la circulation , du travail, domestique, etc,
- des pertes de contrôle de soi qui peuvent conduire à des comportements de violence, à des agressions sexuelles, au suicide, à des homicides,
- une exposition à des agressions en raison d’une attitude parfois provocatrice ou du fait que la personne ivre n’est plus capable de se défendre.

A long terme, la consommation excessive et régulière d’alcool, augmente le risque de nombreuses pathologies :

- Cancers : notamment de la bouche, de la gorge, du pharynx, du larynx, de l’oesophage, de l’intestin, du foie,  le cancer du sein et les cancers colorectaux.

Comparés à ceux qui ne boivent pas d’alcool et ne fument pas de tabac, les consommateurs de plus de 45g d’alcool par jour (soit 4 verres par jour) ont deux fois plus de risque de développer un cancer de la cavité buccale et du pharynx. Ce risque est multiplié par 15 si, de surcroît, ils fument chaque jour plus de 2 paquets de cigarettes.

- Maladies du foie (cirrhoses) et du pancréas (pancréatites).

La cirrhose du foie est une maladie chronique et irréversible. Il s’agit d’une destruction progressive des cellules du foie, qui sont remplacées par un tissu fibreux. Le foie ne fonctionne plus correctement et son aspect se modifie : il devient dur et bosselé et peut changer de taille. L’une des complications de la cirrhose est le cancer du foie.
L’alcool est la cause principale de cirrhose du foie. C’est une maladie pour laquelle on ne dispose pas de traitement. Cependant l’arrêt complet de la consommation d’alcool améliore grandement les chances de survie.
La durée d’intoxication nécessaire pour développer une cirrhose est estimée à 10 ans chez les femmes et 15 ans chez les hommes, pour des doses quotidiennes plus faibles chez la femme : d’après les études, le risque de développer une cirrhose devient important (risque multiplié par 3 ou 4) à partir de 30g d’alcool par jour chez la femme (soit 3 verres)  et 50g d’alcool par jour chez l’homme (soit 5 verres). Après le diagnostic d’une cirrhose, 40 à 80% des patients décèdent dans les 5 ans

- Maladies cardiovasculaires, hypertension artérielle.

- Maladies du système nerveux, destruction des neurones.

Des troubles cognitifs (mémoire) sont fréquemment observés chez plus de 50% des consommateurs excessifs. Ces troubles affectent la mémoire, les capacités visuomotrices et perceptives, les praxies (adaptation des mouvements au but visé), l’abstraction ou les capacités d’élaboration.
Ces symptômes peuvent persister après l’arrêt de l’alcool, pendant plusieurs mois, voire plusieurs années. Le cortex frontal, une région cérébrale impliquée dans la réalisation des tâches cognitives, est particulièrement sensible aux effets de l’alcool.
Il n’existe pas de mécanisme unique expliquant la neurotoxicité du produit. Toutefois, il est certain que l’éthanol, lui-même, est neurotoxique : à fortes doses, il perturbe les mécanismes de transmission de l’information nerveuse et détruit les neurones.

 - Troubles psychiques (anxiété, dépression, troubles du comportement, certaines psychoses, démences.).

Si l’on considère les conséquences de l’abus de lalcool sur la santé physique et mentale et sur la vie familiale, il est possible de considérer l’alcool comme une drogue dure dont lusage est cependant licite. En effet, au contraire des drogues dures classiques, l’alcool est un produit psycho-actif complexe dont l’usage convivial et récréatif est possible, largement répandu, inscrit dans le patrimoine culturel et social de la France.

Source d’un plaisir gustatif, d’une euphorie légère harmonisant les liens sociaux, d’un certain art de vivre, il peut être consommé longtemps et toujours, à doses modérées, sans induire ni toxicité ni, bien sûr, de dépendance. Il est l’un des éléments majeurs de la convivialité et de la fête. Cet usage social, qui est le fait de la population dans sa majorité, n’est pas à confondre avec le mésusage destructeur que représentent les conduites alcooliques.

La consommation excessive, prolongée dans le temps, peut alors « transformer le plaisir en besoin , le bien-être transitoire en mal-être somatique et psychique, le produit hédonique en drogue délétère » (Dr Jean Adès). Le malade alcoolique perd alors toute liberté de décision, toute possibilité d’user ou non de l’alcool.

En ce sens, l’alcool est peut être la pire des drogues, voici ce que dit une polytoxicomane  à ce sujet :

« Je pensais sincèrement , qu’ayant arrêté tous les produits comme l’héroine , le néocodion , le subutex etc …..l’alcool ne serait histoire que de quelques mois !

Que nenni !
J’ai mis bien plus de temps à arrêter l’alcool que tous les autres produits !!! 15 ans durant , j’ai bataillé , jusqu’au jour où j’ai entendu parlé du Dr O. Ameisen et de son livre !
Lors d’une de mes X cures , j’ai appris que l’alcool était la drogue la plus nocive !!

D’abord de par sa difficulté à l’arrêter ….pfffffffffffff et encore VIVE le BACLOFENE !!
Mais et surtout , autant l’héroine anesthésie les neurones , l’alcool lui , les détruit massivement !!!

Il suffit de regarder un cerveau en coupe IRM , pour constater les dégats !!
Mais au bout de 10 j d’arrêt , le cerveau (certaines parties) se remettent à fonctionner , 10 j plus tard encore un peu plus etc
Mais ce qui est perdu , le reste définitement !! Contrairement aux opiacés !!
Encore une idée reçue !!!

« On » parle de drogues dures , en évoquant héro & co , mais jamais de l’alcool !!

Le lobby des Alcooliers , est bien puissant !!

Et maintenant , je ne t’apprends rien , la nouvelle cible : les jeunes !! Binge Drinking , Apéros Géants (via FB) etc …»

l’ensemble de la discussion est ici

No comments for this entry yet...

Comments are closed.