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Le déni et la co-dépendance

In : Informations, Posted by on Août.08, 2011

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La consommation excessive d’alcool et l’alcoolisme, ne sont pas des sujets neutres à aborder, ils nous renvoient à nos propres représentations par rapport à l’alcool.

Chacun d’entre nous connaît , dans sa famille, son entourage, une personne ayant un problème grave lié à l’alcool dont il n’est pas fier. Alors forcément, quand cela nous touche nous aussi, nous avons tendance à nier ce problème.

Je ne bois pas plus que les autres, mes copains, mon beau frère, jamais le matin, le week-end seulement, parfois la semaine mais rarement …

Le déni, est un mécanisme de défense finalement assez ordinaire et compréhensible. Loin de toute volonté de mensonges, notre propre discours se trouve parfois soumis à des déformations singulières.

La société très tolérante et ne voulant pas reconnaître ce problème, l’alcoolisme, ne favorise pas l’acceptation d’une maladie « honteuse » et très difficile à soigner, il est donc plus facile pour tous, le malade comme l’entourage de faire comme si de rien n’était.

De plus la culture française entretient le déni sur les dangers de l’alcool, qui est pourtant une drogue. L’alcool et notamment le vin sont valorisés, il suffit d’en consommer raisonnablement.

Le consommateur excessif n’a alors qu’une chose à faire : minimiser sa consommation pour rentrer dans le rang, se considérer et être considéré comme quelqu’un de normal.

On explique souvent le déni par les sentiments de honte, et culpabilité, que pourrait ressentir le malade.

Se reconnaître alcoolique mènerait la personne à croire et à avouer aux autres ce que lui-même pense des alcooliques : ce sont des êtres méprisables, monstrueux, dégoûtants. Ainsi en exigeant de l’individu qu’il reconnaisse son alcoolisme, on ne lui demande rien de moins que de s’avouer en dessous de tout.

Souvent, même le médecin de famille ferme les yeux et ne répond pas aux timides questions de la personne dépendante qui s’interroge sur sa consommation en hausse, l’enfermant dans un mensonge qui au fond arrange tout le monde.

Combien d’entre nous sont repartis de chez leur médecin en n’ayant pas pu aborder le problème qui commence à nous préoccuper : notre consommation excessive, oh non pas vous ..

Le déni: un symptôme de l’alcoolisme

« Le patient alcoolique minimise ou nie l’existence d’une consommation d’alcool excessive à son médecin. Cette caractéristique clinique s’explique par le déni qui est une construction partiellement inconsciente qui vise à gérer l’angoisse générée par la prise de conscience d’un problème difficilement acceptable, par la perspective d’un sevrage et par le changement radical de mode de vie qu’implique l’abstinence totale.
Le médecin, dont le rôle est de motiver le patient à se soigner, peut aider le patient par la prise en compte et la gestion du déni. Quelques exemples de stratégies utilisables en pratique générale sont reprises dans cet article. »

Lorsque l’excès d’alcool entraîne trop de conséquences négatives, la souffrance apparaît. Elle peut être physique, psychique, entrainer des difficultés avec son conjoint, sa famille, ses relations professionnelles.

Contrairement à ce que l’on pense souvent, au moins au début de son histoire avec l’alcool, le malade perçoit ces difficultés et les relie à sa conduite d’alcoolisation. L’analyse qu’il porte sur lui-même, comparée aux images qu’il a de l’alcoolique (ivrogne, clochard, tyran domestique) provoque une prise de conscience et une auto-critique.

Il s’agit bien évidemment d’un jugement très négatif où se mêle honte, culpabilité et rejet de soi. Cette perception va pousser la personne à se prouver et à prouver aux autres qu’il n’est pas identique à cette image. La meilleure façon d’y parvenir est de se prouver qu’il n’est pas alcoolique, qu’il ne boit pas trop, qu’il peut s’arrêter de boire quand il le souhaite. Malheureusement, une fois dépendant, le malade alcoolique ne peut plus contrôler sa consommation et le déséquilibre initial s’aggrave.

Au fur et à mesure du développement de son alcoolisme, le malade alcoolique prend de plus en plus l’habitude d’éluder le problème chaque fois qu’il se trouve confronté à des situations pénibles liées à l’alcool. Cela aboutit à encore plus de problèmes non résolus et à une prise d’alcool pour essayer d’y faire face. La spirale infernale commence, problèmes : alcool, alcool : problèmes ..

Tout ceci aboutit à une grande solitude : le malade alcoolique lutte afin de ne pas reconnaitre son alcoolisme et boit en cachette. Il peut même arrêter de boire pendant un laps de temps, et s’étant prouvé qu’il peut arrêter, il se remettra à boire avec moins de culpabilité : je peux m’arrêter quand je le souhaite. Ceci durera tant qu’il n’aura pas reconnu son problème et tenter de le résoudre, tant qu’il ne sera pas sorti du déni.

Cécile :

« Pendant toute la période où je buvais, j’ai été dans le déni sans le savoir car ce mot n’évoquait rien pour moi. J’ai commencé adolescente avec les surprises-parties, puis continué ensuite tout naturellement dans ma vie de femme par un alcoolisme mondain qui est vite devenu quotidien. Pour moi c’était naturel et le côté répétitif de mes prises d’alcool ne me gênait en rien. Quand le monde où je vivais a basculé, c’est à dire quand ma famille s’est retrouvée du jour au lendemain sans rien, j’ai bien évidement continué à boire. Là, encore cet état de fait me semblait naturel, il me fallait bien me donner du courage pour affronter les choses, en cela l’alcool était mon allié …
Mes enfants grands et partis, j’ai commencé à penser que je pouvais avoir un problème avec l’alcool. Mais je n’avais aucune envie de supporter les douleurs de l’abstinence.
J’ai vu une émission à la télévision où l’on parlait d’un médicament pour vaincre l’envie de boire et surtout d’un livre. J’ai acheté le livre  Le dernier verre  du Professeur Olivier Ameisen et là …..
J’ai d’abord fait une première lecture en allant directement aux pages qui avaient trait à l’alcool. Chaque phrase, chaque mot percutait tout mon être. Arrivée à la fin du livre je savais que j’avais été toute ma vie dans le déni et que je venais d’en sortir. J’étais dans un état d’une grande tranquillité mêlé à une certaine forme d’excitation. J’ai relu le livre plusieurs fois. Plein de pages sont cochées et de mots soulignés. Je suis guérie et sais fort bien que c’est grâce à ce livre puis ensuite bien évidement grâce au baclofène. »

CO-DEPENDANCE ET DESIGNATION – Docteur Michel JACQ – Elément de référence/communication présenté lors de la journée organisée à l’attention des médecins du travail, le jeudi 11 juin 2009

a) Celui (ou celle) qui nous gâche la vie :
C’est ainsi souvent qu’est désigné le malade alcoolique. A la fois coupable de ne pas savoir boire comme les autres et coupable de ne pas vouloir reconnaître quand il s’alcoolise plus que de raison, le perturbateur est avant tout celui qui fait souffrir les autres.
b) Celui (ou celle) que l’on aime sinon on ne serait plus là !
Il s’agit bien là d’un paradoxe, plus la souffrance est grande, plus elle témoigne de l’amour porté au malade. En même temps, on retrouve là le raisonnement de l’abandonnique qui met l’autre à l’épreuve pour faire la preuve… qu’on l’aime toujours.
c) Celui (ou celle) qui nous fait honte…
Assez souvent, le malade alcoolique par ses troubles du comportement, attire l’attention du voisinage ; la famille n’a plus alors comme solution que de cacher, de le cacher quand il a bu et progressivement de se cacher en temps que famille. Le cercle des amis se restreint, cette dissimulation s’accompagne d’une honte de ce qu’ils sont.

Au début le conjoint protège et excuse le malade : Il travaille beaucoup … il a beaucoup de soucis… ses amis l’entraînent à boire… il ne sait pas dire non…. Et cache à son entourage les épisodes qui le mettent le plus mal à l’aise.

Puis tente de contrôler la consommation d’alcool de son partenaire. S’il boit peu, l’espoir revient sinon c’est la déception. Peu à peu le conjoint perd confiance en lui et en sa capacité à aider et à empêcher de boire son conjoint.

En réagissant ainsi, le conjoint s’épuise, perd espoir. Il en vient à oublier de s’occuper de lui même. Maintenant, l’alcool dirige sa vie autant que celle de son conjoint. Il est pris par le cercle vicieux de la co-dépendance.

Lorsque l’alcoolisme devient trop évident, commence la phase de la lutte avec son entourage. Ceci aboutit à détériorer complètement la relation entre le malade et son entourage : le malade se sent persécuté par sa famille. La famille se sent dupé par le malade qui fuit sans arrêt, accumule les problèmes, nie sa dépendance ou quand il la reconnaît fait des promesses qu’il ne peut tenir du fait de sa maladie alcoolique.

Il s’ensuit une agressivité réciproque qui va aboutir à des rancunes bilatérales. En plus de la maladie vont se rajouter d’énormes problèmes familiaux et sociaux, presque toujours les mêmes.

La famille, avec les meilleurs intentions du monde, va persécuter à son insu la personne dépendante. Pas plus que le malade, elle ne sait pas qu’elle a en face d’elle un drogué et ne sait comment faire. Elle donne des conseils totalement inadaptés. Il en découle des conflits qui vont aller en s’aggravant, de la violence et un véritable calvaire autant pour le malade que pour son entourage.

Au bout d’un certain nombre d’années, l’entourage, s’il n’est pas devenu aussi malade que le malade lui-même, n’aura qu’une ressource de survie : fuire. Ceci explique un nombre considérable de divorces dans la maladie alcoolique.

Claudie :

« Nous sommes ensemble depuis 17 ans , j’ai toujours su qu’il avait un problème avec l’alcool, mais je lui trouvais milles excuses ! pendant les périodes « clean  » j’avais un mari formidable. Puis les années passant les périodes « clean  » sont devenues plus courtes , jusqu’à cette année 2009 qui fut pour nous une année de cauchemars !!!!! mon mari est devenu  mister hyde.
Mais je ne voulais pas le laisser tomber dans le caniveau, alors chaque jours que dieu a fait j’ai pardonné, caché à nos enfants (qui sont loin d’être aveugles ).
le dernier trimestre 2009 mes nerfs ont lâchés, la peur m’a prise je ne gérais plus rien , il est devenu incontrôlable! Nous avons passé un Noël en enfer!
Nous avons fait une table ronde je lui ai annoncé ma décision NOTRE DEPART !
Cela m’a brisé le coeur de le voir ainsi mais je ne pouvais plus rester comme ca, voir la douleur dans les yeux des enfants, j’ai quelque part espérer que cela aller lui faire un électrochoc…
et j’ai eu raison il est allé voir notre généraliste et lui a demandé de l’aide ! il est revenu a la maison avec AOTAL , SERESTA et interdiction de boire une goutte d’alcool !!!
Il était complétement abruti avec les médocs , les crises de manque étaient terribles, mais il voulait se soigner !
Désespérée de le voir ainsi souffrir j’ai surfé une dernière fois sur le net et la j’ai trouvé un site sur le baclofene ! »

Diverses stratégies peuvent être utilisées pour faciliter la prise de conscience du sujet dépendant. Un contrôle sanguin banal peut être un prétexte pour l’évoquer.
Les complications potentielles sont, pour certains, l’occasion de se rendre compte de leur alcoolisation excessive. La survenue d’un événement « grave » (conduite en état d’ivresse et accident de la route, accès de violence incontrôlable) sont déterminants pour la prise de conscience du malade.
Quelque soit la modalité de la sortie du déni, c’est le malade lui-même qui doit pouvoir envisager sa maladie. Cette condition est une étape incontournable pour accepter de se soigner.

Le fait que cette maladie soit considérée comme non guérissable, le fait qu’il en faille passer par le sevrage et l’abstinence si difficile et douloureuse à tenir n’arrange pas les choses. Et pourtant, avec le baclofène les choses sont plus simples et faciles …



Les risques de l’alcool sur l’organisme

In : Informations, Posted by on Août.08, 2011

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L’alcool est responsable de 49 000 décès par an en  France et demeure la deuxième cause de mortalité évitable, après le tabac. En plus d’être la cause de nombreuses pathologies et de traumatismes, l’alcool est responsable de dommages sociaux, mentaux et affectifs (infractions à la loi, violences familiales) qui induisent des coûts très élevés pour la société. La consommation d’alcool peut être préjudiciable pour le consommateur lui-même mais aussi pour son entourage. Consommé durant la grossesse, il  entraîne également des risques très importants pour le fœtus (altération du développement cérébral). Il augmente le risque de ces pathologies et des dommages sociaux de façon dose-dépendante : plus un individu consomme de l’alcool, plus le risque est important.

La norme admise par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), concernant une consommation d’alcool à faible risque pour la santé, est de ne pas dépasser deux verres en moyenne par jour pour les femmes (soit quatorze verres par semaine) et trois verres en moyenne par jour pour les hommes (soit vingt et un verres par semaine). L’OMS recommande également de s’abstenir au moins un jour par semaine de toute consommation d’alcool. Au-dessus de ces chiffres, la consommation est jugée dangereuse en termes de santé et la mortalité augmente.

L’alcool est en effet impliqué dans une cinquantaine de pathologies. Il n’y a que peu d’organes qui ne soient pas touchés par la consommation excessive d’alcool, le cerveau et le système nerveux en premier.
L’OMS a identifié la consommation d’alcool comme l’un des 10 premiers facteurs de risque dans le fardeau mondial de la maladie et une étude récente suggère que un décès sur dix en Europe est imputable à l’abus d’alcool.

Une alcoolisation chronique avec une consommation excessive et régulière peut graduellement provoquer des lésions hépatiques, des hépatites, une cirrhose hépatique, de nombreux cancers , des ulcères, des troubles pancréatiques, des gastrites, le diabète, l’obésité ou au contraire de la dénutrition, des carences, de la déshydratation, des dérèglements hormonaux, une impuissance, des lésions ou des atrophies cérébrales, des encéphalopathies, des polynévrites, de l’épilepsie, des cardiopathies, de l’hypertension, des accidents vasculaires cérébraux hémorragiques, une mort subite.

La consommation abusive d’alcool est également  responsable de nombreux accidents de la route (4 000 morts par an, dont des jeunes en nombre important), d’accidents domestiques, d’accidents du travail, de suicides dont 40 % sont favorisés par la consommation d’alcool au moment du geste.

L’alcoolémie, est le taux d’alcool présent dans l’organisme. Elle s’exprime en gramme d’alcool par litre de sang. Un taux de 0,5 signifie une présence de 0,5 g d’alcool par litre de sang.
Le foie est l’organe principal chargé de l’élimination de l’alcool en le transformant pour plus de 90 %. Le reste est évacué par les poumons (dans l’haleine), les reins (par l’urine) et la peau (par la sueur).
Il faut savoir que la capacité du foie à éliminer l’alcool est limitée à 2,4 g/l de sang par jour en moyenne. Au-delà de 3 g/l, il peut y avoir coma et, au-delà de 5 g/l, il y a risque mortel. Chaque verre fait monter l’alcoolémie de 0,15 à 0,20 g/l.

Dans tous les cas, rien ne peut accélérer le travail d’élimination du foie : ni l’exercice physique, le froid ou la chaleur, ni même l’absorption d’aliments ou de médicaments.
Seul le temps permet de faire baisser l’alcoolémie. Un individu en bonne santé élimine en moyenne 0,15 g d’alcool par heure. Si un verre s’avale en quelques secondes, il faut 90 minutes pour l’éliminer !
De plus, consommé à jeun, l’alcool se diffuse plus rapidement dans l’organisme que lorsqu’il est pris au cours d’un repas et manifeste donc ses effets plus vite.

A court terme, la consommation d’alcool peut exposer à des risques majeurs :

– une diminution de la vigilance responsable d’accidents de la circulation , du travail, domestique, etc,
– des pertes de contrôle de soi qui peuvent conduire à des comportements de violence, à des agressions sexuelles, au suicide, à des homicides,
– une exposition à des agressions en raison d’une attitude parfois provocatrice ou du fait que la personne ivre n’est plus capable de se défendre.

A long terme, la consommation excessive et régulière d’alcool, augmente le risque de nombreuses pathologies :

– Cancers : notamment de la bouche, de la gorge, du pharynx, du larynx, de l’oesophage, de l’intestin, du foie,  le cancer du sein et les cancers colorectaux.

Comparés à ceux qui ne boivent pas d’alcool et ne fument pas de tabac, les consommateurs de plus de 45g d’alcool par jour (soit 4 verres par jour) ont deux fois plus de risque de développer un cancer de la cavité buccale et du pharynx. Ce risque est multiplié par 15 si, de surcroît, ils fument chaque jour plus de 2 paquets de cigarettes.

– Maladies du foie (cirrhoses) et du pancréas (pancréatites).

La cirrhose du foie est une maladie chronique et irréversible. Il s’agit d’une destruction progressive des cellules du foie, qui sont remplacées par un tissu fibreux. Le foie ne fonctionne plus correctement et son aspect se modifie : il devient dur et bosselé et peut changer de taille. L’une des complications de la cirrhose est le cancer du foie.
L’alcool est la cause principale de cirrhose du foie. C’est une maladie pour laquelle on ne dispose pas de traitement. Cependant l’arrêt complet de la consommation d’alcool améliore grandement les chances de survie.
La durée d’intoxication nécessaire pour développer une cirrhose est estimée à 10 ans chez les femmes et 15 ans chez les hommes, pour des doses quotidiennes plus faibles chez la femme : d’après les études, le risque de développer une cirrhose devient important (risque multiplié par 3 ou 4) à partir de 30g d’alcool par jour chez la femme (soit 3 verres)  et 50g d’alcool par jour chez l’homme (soit 5 verres). Après le diagnostic d’une cirrhose, 40 à 80% des patients décèdent dans les 5 ans

– Maladies cardiovasculaires, hypertension artérielle.

– Maladies du système nerveux, destruction des neurones.

Des troubles cognitifs (mémoire) sont fréquemment observés chez plus de 50% des consommateurs excessifs. Ces troubles affectent la mémoire, les capacités visuomotrices et perceptives, les praxies (adaptation des mouvements au but visé), l’abstraction ou les capacités d’élaboration.
Ces symptômes peuvent persister après l’arrêt de l’alcool, pendant plusieurs mois, voire plusieurs années. Le cortex frontal, une région cérébrale impliquée dans la réalisation des tâches cognitives, est particulièrement sensible aux effets de l’alcool.
Il n’existe pas de mécanisme unique expliquant la neurotoxicité du produit. Toutefois, il est certain que l’éthanol, lui-même, est neurotoxique : à fortes doses, il perturbe les mécanismes de transmission de l’information nerveuse et détruit les neurones.

 – Troubles psychiques (anxiété, dépression, troubles du comportement, certaines psychoses, démences.).

Si l’on considère les conséquences de l’abus de lalcool sur la santé physique et mentale et sur la vie familiale, il est possible de considérer l’alcool comme une drogue dure dont lusage est cependant licite. En effet, au contraire des drogues dures classiques, l’alcool est un produit psycho-actif complexe dont l’usage convivial et récréatif est possible, largement répandu, inscrit dans le patrimoine culturel et social de la France.

Source d’un plaisir gustatif, d’une euphorie légère harmonisant les liens sociaux, d’un certain art de vivre, il peut être consommé longtemps et toujours, à doses modérées, sans induire ni toxicité ni, bien sûr, de dépendance. Il est l’un des éléments majeurs de la convivialité et de la fête. Cet usage social, qui est le fait de la population dans sa majorité, n’est pas à confondre avec le mésusage destructeur que représentent les conduites alcooliques.

La consommation excessive, prolongée dans le temps, peut alors « transformer le plaisir en besoin , le bien-être transitoire en mal-être somatique et psychique, le produit hédonique en drogue délétère » (Dr Jean Adès). Le malade alcoolique perd alors toute liberté de décision, toute possibilité d’user ou non de l’alcool.

En ce sens, l’alcool est peut être la pire des drogues, voici ce que dit une polytoxicomane  à ce sujet :

« Je pensais sincèrement , qu’ayant arrêté tous les produits comme l’héroine , le néocodion , le subutex etc …..l’alcool ne serait histoire que de quelques mois !

Que nenni !
J’ai mis bien plus de temps à arrêter l’alcool que tous les autres produits !!! 15 ans durant , j’ai bataillé , jusqu’au jour où j’ai entendu parlé du Dr O. Ameisen et de son livre !
Lors d’une de mes X cures , j’ai appris que l’alcool était la drogue la plus nocive !!

D’abord de par sa difficulté à l’arrêter ….pfffffffffffff et encore VIVE le BACLOFENE !!
Mais et surtout , autant l’héroine anesthésie les neurones , l’alcool lui , les détruit massivement !!!

Il suffit de regarder un cerveau en coupe IRM , pour constater les dégats !!
Mais au bout de 10 j d’arrêt , le cerveau (certaines parties) se remettent à fonctionner , 10 j plus tard encore un peu plus etc
Mais ce qui est perdu , le reste définitement !! Contrairement aux opiacés !!
Encore une idée reçue !!!

« On » parle de drogues dures , en évoquant héro & co , mais jamais de l’alcool !!

Le lobby des Alcooliers , est bien puissant !!

Et maintenant , je ne t’apprends rien , la nouvelle cible : les jeunes !! Binge Drinking , Apéros Géants (via FB) etc …»

l’ensemble de la discussion est ici