Consommation contrôlée

La remise en cause du dogme de l’abstinence ainsi que la notion de consommation contrôlée apparaît pour la première fois dans les années 1970 aux États-Unis : des recherches ont montré que les prises en charge incluant la notion de consommation contrôlée comme objectif ont de meilleurs résultats à long terme que celles exigeant l’abstinence et qu’un certain nombre de patients dits abstinents arrivent à consommer de façon occasionnelle de l’alcool sans rechuter. Les avantages de cette approche sont multiples.

Une diminution de la consommation d’alcool entraîne une amélioration de la santé et une diminution de la mortalité. Cette approche peut aussi constituer une première étape vers l’abstinence, le « gold standard » des alcoologues et des associations d’entraide existantes ; le patient se rendant peu à peu compte de son impossibilité à maîtriser sa consommation et acceptant au final de s’abstenir de boire. En outre le fait qu’un médecin prenne en compte les désirs de ses patients peut permettre de renforcer l’alliance thérapeutique, d’éviter une rupture de traitement et d’amener plus de patients à consulter.

L’idée fait donc son chemin et semble acceptable vers 2012 pour 50 % des alcoologues français selon la Société française d’alcoologie. De façon surprenante, à cette époque, les alcoologues favorables à cette approche au demeurant intéressante, ont l’air de douter fortement du baclofène qui peut pourtant, d’après les études déjà publiées, parmi lesquelles celle d’Olivier Ameisen et Renaud de Beaurepaire et les nombreux témoignages de patients, permettre cela bien mieux que tout autre traitement.

Le Nalmefène devient donc le médicament de la consommation contrôlée.

Hélas, malgré une autorisation de mise sur le marché en 2014 et l’absence de molécules concurrentes, il va très rapidement décevoir par son inefficacité, pour ne plus être que très peu prescrit à partir de  2016-2017.